Evolution de la robotique à travers l’histoire.

Quand est apparu le premier robot ? Quelles ont été les grandes étapes de l’histoire de la robotique ? Ces questions méritent d’être mentionné, en effet l’évolution de la robotique est vraiment intéressante à découvrir, plongeons-nous dedans.

 

La roue :

 

 

En effet la roue constitue le premier système mécanique inventer par l’hommes. Des traces de roues, des représentations de roues, des modèles réduits de roues, ou encore des vestiges de roues elles-mêmes, font leur apparition archéologiquement en différents lieux d'Europe et du Proche-Orient. L'invention de la roue a longtemps été attribuée à Sumer en basse Mésopotamie dans la seconde moitié de l’IVe millénaire av. J.-C., à la suite de l'interprétation de pictogrammes. La roue de transport était alors considérée comme une invention dérivée du tour de potier. En réalité la première utilisation attestée de véhicules à roues en Mésopotamie date de la première moitié du IIIe millénaire av. J.-C. Mais le pot de Bronocice, découvert en Pologne en 1974, présente un pictogramme gravé qui est la représentation d'un chariot à quatre roues et on estime sa datation à 3500 ans av. J.-C., de la culture des vases à entonnoir, ce qui a permis de mettre en doute l'origine sumérienne de la roue.

L’horlogerie :

 

L’horlogerie est le précurseur de la robotique, le premier mécanisme complexe à être inventé. L'industrie horlogère a commencé très tôt en Suisse puis en Angleterre, avec de multiples inventions et astuces d'organisation du travail et de massification de la production, permettant un progrès très avancé pour l'époque, dans la technologie comme dans le raffinement des produits, sur fond d'intervention du pouvoir politique. Précision, automatisme, travail en finesse des métaux, ont permis de poser des jalons pour d'autres activités stratégiques, en particulier la marine, et d'autres futures industries mécanisées. Cette histoire s'est progressivement accélérée à partir du XVIIIe siècle avec l'apparition d'une proto-industrie massive dans les montagnes suisses, qui a précédé larévolution industrielle et lui a résisté pendant longtemps.

 

 

Automate :

Premier début de la robotique, création d’automate humanoïde capable de réaliser des taches simples. Un automate est un dispositif reproduisant en autonomie une séquence d'actions prédéterminées sans l'intervention humaine, le système fait toujours la même chose, ou s'adapte à des conditions environnementales perçues par ses capteurs. Au XVIIIe siècle (considéré comme l'âge d'or des automates), le célèbre canard de Jacques de Vaucanson, aujourd'hui perdu, qui pouvait boire, se nourrir, caqueter, s'ébrouer dans l'eau, digérer sa nourriture et même... déféquer, a ébloui par sa complexité les spectateurs de l'époque.

Au XIXe siècle, l'automate parlant Euphonia, d'Eugène Faber, était supposé dialoguer avec les spectateurs et l'automate turc du baron von Kempelen jouait aux échecs actionnés peut-être par un humain caché dans le dispositif.

La cybernétique :

 

Les automates autorégulés forment la base de la cybernétique. Ici les automates ne se contentent pas d’effectuer des mouvements préprogrammés, mais interagissent avec leur environnement, qui les gouverne. En voici un exemple

- Le chien électrique de Hammond et Missner :

 

Intelligence artificielle :

 

C’est ce qui donna un énorme coup de boost dans l’avancé de la robotique Dans la droite ligne de la cybernétique, l’objectif de rendre les machines intelligentes a mené Alan Turing à définir en 1950 une méthode afin de tester la présence d’une conscience ou d’une intelligence au sein d’une machine. Historiquement, l'idée d'intelligence artificielle semble émerger dans les années 1950 quand Alan Turing se demande si une machine peut « penser ». Dans un article « Computing Machinery and Intelligence » (Mind, octobre 1950) Turing explore ce problème et propose une expérience (maintenant dite test de Turing) visant à trouver à partir de quand une machine deviendrait « consciente ». Il développe ensuite cette idée dans plusieurs forums, dans la conférence « L'intelligence de la machine, une idée hérétique »

 

 

 

 

Robot humanoïde :

 

Le premier robot humanoïde est probablement dû à Léonard De Vinci, qui présenta en 1495 un chevalier en armure capable de s’asseoir, relever sa visière et bouger ses bras. Après avoir découvert ses notes et schémas en 1950, une réplique fonctionnelle fut construite et exposée au musée de Berlin. En effet La maîtrise de la bipédie est certainement l’accomplissement le plus technique de l’histoire des robots humanoïdes. WABOT-1 de l’université de Waseda (1973) est l’un des premiers robots humains capables de se déplacer (de façon rudimentaire).

QRIO (SDR-4X) de Sony

Premier robot capable de courir

 

Nao (Aldebaran Robotics)

                Asimo de Honda

 

Exosquelette :

 

L’exosquelette biomécanique HAL (Hybrid Assisted Limb) détecte les intentions de mouvement pour les assister et permet de soulever des masses jusqu’à 10 fois plus lourdes. Il peut aider des personnes à mobilité réduite à retrouver l’usage de leurs jambes par un accompagnement dégressif.

 

-Assistance à effort : les exosquelettes d'assistance à l'effort sont des structures mécaniques qui doublent celle du squelette humain et lui confèrent des capacités physiques qu'il n'a pas ou plus. Depuis quelques années, les militaires et la médecine entrevoient, moyennant plusieurs millions d'euros ou de dollars, les soldats du futurs surhumains renforcés d'exosquelettes pour les uns, pour les autres des exosquelettes redonnant la capacité de marcher ou de soulever des objets aux handicapés moteurs. L'exosquelette Re-walk, qui est commercialisé, a fait remarcher des paraplégiques lourdement handicapés. L'exosquelette Rex est aussi très prometteur.

-Armée : L'armée de terre américaine a dévoilé le projet Armure TALOS, un exosquelette de combat ultraperfectionné.

En 2016, l'armée de terre américaine et le corps des fusiliers-marins ont développé avec l'entreprise Bionic Power le premier exosquelette qui récupère l'énergie grâce aux mouvements des jambes. Ainsi le PowerWalk s'auto-alimente et le soldat devient sa propre batterie. Le but est de réduire le poids d'emport du soldat et d'accroître sa résistance face aux éléments. Selon l'armée de terre, le projet serait en phase de test dès le début del'année

Robot chirurgien :

 

En 1983, Arthrobot (Vancouver, Canada) le premier robot utilisé lors d’une opération chirurgicale se contentait de répondre aux commandes vocales et de passer les instruments chirurgicaux.

C’est en 2000, soit 17 ans plus tard, que le premier robot véritablement chirurgien, nommé Da Vinci, était autorisé par la FDA (Food and Drug Administration) à effectuer certains types d’opérations, apportant une plus grande précision, fiabilité, et des risques réduits d’infection en comparaison d’une intervention humaine. C’est un robot très onéreux, coutant la bagatelle de deux millions d’euros (pour le modèle le plus récent). Il en existe toutefois plus de 1500 dans le monde…

D'une part, les robots interventionnels, utilisés en chirurgie. Le robot le plus utilisé aujourd'hui dans ce secteur est le robot Da Vinci. Il est utilisé, principalement aux États-Unis et en Europe, pour diverses opérations chirurgicales dites mini-invasives dans les cavités abdominales et thoraciques des patients. Son application principale est la chirurgie de la prostate : 60 % des opérations de la prostate aux États-Unis ont eu recours à un Da Vinci. D'autres systèmes de chirurgie robotisés ont vu le jour ces dernières années. Le dispositif ROSA est dédié aux procédures crâniennes mini-invasives, ou encore le Sensei pour traiter les troubles du rythme cardiaque. Le Cyberknife est un autre exemple, qui sert à détruire des tumeurs de manière non-invasive. Il repère l’emplacement de la tumeur et la cible en continu pendant l’intervention. Les robots dits porte-endoscope servent à assister le chirurgien lors d'une opération en maintenant la caméra lors d'une endoscopie. Des robots comme l'EndoAssist ou le Viky sont utilisés dans les hôpitaux dans ce but. Enfin, certains robots ne sont pas utilisés directement pour assister le geste chirurgical lui-même, mais pour des tâches annexes dans la salle d'opération. C'est le cas du système Artis Zeego, qui permet de déplacer le plan d'imagerie d'un système de fluoroscopie en temps-réel lors d'une opération.

Drones :

Le concept naît pendant et après la Première Guerre mondiale : des prototypes d'avions sans pilote radiocommandés ont ainsi vu le jour, avec des tentatives de « torpilles aériennes » télécommandées par télégraphie sans fil et embarquant un gyroscope, mais ce type d'avions n'a jamais été opérationnel sur le terrain

En France, le 2 juillet 1917, le pilote Max Boucher fait voler un avion Voisin « sans l'intervention de l'homme » sur 1 km. Au début de l'année 1918, Georges Clemenceau, président de la Commission sénatoriale de l'Armée, lance un projet d’ « avions sans pilotes ». Le capitaine Boucher améliore son système de pilotage automatique, et le 14 septembre, il fait voler pendant 51 min sur un parcours de 100 km un avion Voisin BN3.

Le premier drone français stricto sensu a été conçu, réalisé et expérimenté dès 1923 à Étampes par l'ingénieur Maurice Percheron et le capitaine Max Boucher mais l'armée française ne trouva pas encore d'intérêt à cette nouvelle technologie.

Le grand essor des drones date de la guerre de Corée et de celle du Viêt Nam. À cette époque de la guerre froide, le drone a été développé de façon confidentielle par les États-Unis d’Amérique comme un moyen de supériorité stratégique et de rupture capacitaire devant permettre la surveillance et l’intervention militaire chez l’ennemi sans encourir les risques humains que l’opinion ne supportait pas. Il est notamment utilisé pour larguer des tracts dans le cadre de la guerre psychologique. Cette supériorité a été acquise au travers de l’innovation technologique, surtout dans les domaines de l’automatique et des transmissions.

Dans les années 1990, la doctrine de la guerre « zéro mort » conduit à développer les projets de drones armés à travers le monde mais la toute première utilisation de ceux-ci a lieu durant la guerre Iran-Irak où l'Iran a déployé un drone armé de six RPG-7.

Dans les années 2000, le drone est de tous les conflits et opérations de maintien de la paix, dont au Kosovo ou au Tchad, lors des attaques aériennes américaines au Pakistan ou contre la piraterie maritime, par les Américains qui l'ont introduit en 2009.

 

Transport :

Les drones peuvent se mouvoir avec une charge plus ou moins importante à leur bord (plus ou moins selon la puissance et la configuration du drone). La charge est souvent fixée dans des soutes internes.

Certaines entreprises comme Amazon.com, UPS ou Allship ou La Poste en France, envisagent la livraison de leurs clients à l'aide de drones. En décembre 2013, DHL a testé avec succès la livraison d'un paquet d'une rive à l'autre du Rhin, à Bonn  de la société Microdrones. Les émirats arabes unis ont conçu un drone destiné à la livraison de documents et de colis officiels.

En France, pour La poste, la livraison par drone présente un intérêt spécial en zone de montagne. Elle gère une ligne commerciale hebdomadaire sur 15 km entre Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et Pourrières, depuis décembre 2016.

En 2018, le Japon réunit 10 entreprises telles qu'Airbus, Boeing et Uber pour accélérer le développement de drones taxis volants.

 

Recherche scientifique :

Les drones peuvent explorer, pénétrer, longer ou survoler des zones dangereuses ou simplement peu accessibles pour l'homme (ex-falaises, canyons, façades, canopée, surface de l'eau, cratères volcaniques, etc.). La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) utilise ainsi depuis 2006 une aérosonde comme chasseur d’ouragan. Les drones sont de plus en plus utilisés pour la cartographie et l'observation des habitats et de certaines espèces. Des enregistrements de chants d'oiseaux faits par des drones s'avèrent aussi bien faits que par des ornithologues expérimentés. En 2017 un record d'altitude a été publié (4 900 m) pour un drone hexacoptère ultra-léger à six rotors destinés à cartographier les glaciers tropicaux plus précisément qu'avec les caméras de satellites, afin de mesurer leurs réactions au changement climatique. Certains auteurs invitent cependant à bien prendre en compte les aspects éthiques des outils de télédictions ou les risques de détournement à fins de braconnages notamment, même si les drones par exemple commencent aussi à servir pour la lutte anti-braconnage.

 

 

 

Boston Dynamics :

 

Comment parler de robotique sans parler de l’une des plus célèbres entreprises de robotique mondial. Boston Dynamics est une entreprise américaine, située à Waltham dans le Massachusetts, spécialisée dans la robotique, notamment à usage militaire. L'entreprise a commencé comme une spin-off du MIT où Marc Raibert, l'actuel président, et ses collègues commencèrent à développer des robots qui se déplacent et manœuvrent comme des animaux. Leurs travaux déclenchèrent la création de Boston Dynamics en 1992.

Le 13 décembre 2013, la société Google a confirmé avoir racheté la société Boston Dynamics pour un montant non dévoilé. Il s'agit du huitième rachat d'entreprise du secteur de la robotique faite sur le second semestre 2013 par Google La transaction serait de 500 millions de dollars et ajoute environ 300 ingénieurs aux équipes de Google.

Boston Dynamics est par la suite rattachée au conglomérat Alphabet créé en 2015. En mars 2016, Bloomberg annonce que Boston Dynamics est à vendre faute de visibilité sur sa rentabilité. Notamment orientée sur les robots à destination militaire en collaboration avec l'armée américaine, Boston Dynamics est restée isolée dans Replicant, la division robotique du groupe créée à l'initiative d'Andy Rubin qui a depuis quitté Google. Dès la fin 2015, Boston Dynamics serait séparée de la division Replicant.

En juin 2017, Alphabet revend Boston Dynamics et Schaft à SoftBank, pour un montant non dévoilé .

En 2019, Boston Dynamics fait l'acquisition de Kinema Systems, permettant notamment l'optimisation de la vision 3D à ses robots.

 

Réalisation :

 

  • Diguy: DI-Guy est une gamme de logiciels permettant de simuler en temps réel, de façon réaliste, le comportement des êtres humains.

 

- Bigdog: BigDog est un robot quadrupède créé en 2005 par Boston Dynamics en liaison avec la société Foster-Miller, le Jet Propulsion Laboratory et l'université Harvard, le financement provenant de la DARPA

  • Rhex : RHex est un robot à six pattes à mobilité élevée. Ses jambes puissantes et indépendantes produisent des allures spécialisées qui lui permettent de parcourir des terrains accidentés avec un minimum d'intervention de l'opérateur. RHex peut escalader des agglomérats de roches, se déplacer dans la boue, le sable, la végétation dense, sur des voies ferrées et descendre et monter des pentes abruptes ainsi que des escaliers. RHex a un corps hermétique à l'eau, le rendant pleinement opérationnel par temps humide ou dans des environnements boueux ou marécageux. Les capacités de RHex ont été validées dans le cadre de tests indépendants réalisés par le gouvernement américain. RHex est commandé à distance depuis une unité de commande avec une distance pouvant aller jusqu'à 700 mètres. Les caméras et illuminateurs visibles / IR permettent d'obtenir des vues à l'avant et à l'arrière du robot.

Deeplearning :

 

Le deep Learning s'appuie sur un réseau de neurones artificiels s'inspirant du cerveau humain. Ce réseau est composé de dizaines voire de centaines de « couches » de neurones, chacune recevant et interprétant les informations de la couche précédente. Le système apprendra par exemple à reconnaître les lettres avant de s'attaquer aux mots dans un texte, ou détermine s'il y a un visage sur une photo avant de découvrir de quelle personne il s'agit. À chaque étape, les « mauvaises » réponses sont éliminées et renvoyées vers les niveaux en amont pour ajuster le modèle mathématique. Au fur et à mesure, le programme réorganise les informations en blocs plus complexes. Lorsque ce modèle est par la suite appliqué à d'autres cas, il est normalement capable de reconnaître un chat sans que personne ne lui ait jamais indiqué qu'il n’a jamais appris le concept de chat. Les données de départ sont essentielles : plus le système accumule d'expériences différentes, plus il sera performant.

 

 

 

 

 

Problématique de programmation :

 

Rappelons tout d’abord que le but de l’utilisateur c’est avant tout de résoudre son problème, c’est-à-dire d’arriver à exécuter les tâches qu’il lui faut réaliser. Pour cela il est décidé à prendre tout moyen qui conduit au succès, en particulier des machines qu’on nommera, ou non, robot mais qui devront le satisfaire. Par ailleurs, l’utilisateur a un besoin identifié donc particulier. Il ne fera pas appel à une machine réputée "universelle" mais à celle qui va le tirer du mauvais pas dans la ou les quelques situations qui le préoccupent.

Les robots spécialisés précédents, il faut le noter, ont tous les mêmes fonctionnalités : la locomotion, la manipulation, la perception, la communication avec l’homme… Mais, d’une part, leur conformation physique ne leur permet que des actions physiques limitées dans des environnements contraints (cette capacité s’appelle la dextérité), et, d’autre part, leur "cerveau" ne leur permet aussi que des actions mentales elles aussi fort limitées et insuffisantes puisque l’homme doit les guider pour l’essentiel.

 

 

 

  • Problème de locomotion : Si l’on fait l’hypothèse qu’on est essentiellement à la recherche de robots pouvant se déplacer sur la terre, une première grande difficulté bien longtemps minimisée est notre incapacité à faire des véhicules "tout-terrain". Aucun véhicule terrestre conçu par l’homme jusqu’ici ne peut atteindre plus de la moitié des terres émergées de la planète. Et c’est bien aussi sur cette seconde moitié qu’on souhaite faire faire des travaux aux robots puisque l’être humain peut en général y accéder. Mais il n’est pas le seul. Force êtres vivants ont cette capacité et ils se déplacent pour l’essentiel à l’aide de pattes comme les araignées, ou par reptation comme les serpents… En conséquence, l’analyse des locomotions des êtres vivantsse doit d’être faite pour construire des mécanismes capables de les imiter correctement. Ces études, pour la robotique, n’ont commencé qu’il y a quelques années à l’exception de très peu de précurseurs. Il est clair que si l’on savait faire une machine au système de locomotion aussi performant que celui d’un animal (dans des classes choisies) ou que celui de l’homme, la difficulté d’introduire des robots mobiles n’importe où dans le cadre de services (même à l’intérieur d’une maison il faut pouvoir monter des escaliers…) serait grandement réduite.
  • Problème de compréhension de l’environnement : Cette fonctionnalité est une partie de toutes les propriétés qu’on classe dans l’intelligence du robot ou encore dans sa capacité d’autonomie Supposant le système locomoteur réalisé de façon satisfaisante, le robot doit savoir où il est, vers où il se dirige, et de plus, adapter son déplacement au terrain et aux obstacles (en téléopération c’est l’homme qui sait tout ça et le guide). Voilà un second problème essentiel non résolu correctement dans sa généralité malgré des travaux considérables depuis longtemps. Sa solution fait appel à trois choses : l’existence d’un système de prélèvement d’informations sur l’environnement (informations pertinentes, c’est-à-dire en rapport avec ce que le robot doit faire) ou système de perception, la connaissance antérieure de cet environnement qui ne peut se réaliser que par apprentissage (ou autoapprentissage), enfin la reconnaissance proprement dite qui va se faire par comparaison entre les informations que le robot prélève et celles qu’il a déjà engrangées. Cette dernière phase permet de conclure par une prise de décision d’action de déplacement adéquate à la progression vers le but recherché (qui doit donc être lui aussi connu ou identifié).
  • Problème de manipulation ou d’exécution de tâche : On suppose maintenant que les deux problèmes précédents sont résolus. On a donc une machine qui peut "se promener" convenablement un peu partout où on le souhaite et en particulier dans la nature. C’est déjà un très grand succès mais les applications restent limitées à celles compatibles avec une sorte de plate-forme qui peut se déplacer. On souhaite aussi que le robot fasse des travaux, des modifications d’environnement dans des endroits déterminés (ramener un objet, faire un trou, couper un tuyau, planter un arbuste etc…)

La réalisation de toute tâche suppose la présence d’outils convenables utilisés habilement, c’est-à-dire dans une succession de gestes aux spécifications précises en termes de position, orientation et force. Les gestes ne peuvent s’obtenir que par des structures articulées qui évoquent des bras. Ces bras doivent être liés au bon outil pendant son usage et un travail peut exiger la succession de plusieurs outils. Ainsi, la structure qui permet de faire face à une grande variété de tâches est celle de bras se terminant par quelque chose qui permet de saisir convenablement n’importe quel outil ou objet (dans une certaine gamme de dimensions et de poids), une pince sophistiquée qui évoque donc une main humaine.

Ainsi, le problème de la manipulation ne saurait être détaché de celui de la locomotion et la nécessaire compréhension de l’environnement pour agir présente une difficulté conceptuelle et de mise en œuvre certainement supérieure à celle nécessaire à la locomotion.

 

Quand verra-t-on des humanoïdes dans la rue ou chez soi ?

 

Cette question qui paraît totalement naturelle à poser par quelqu’un qui souhaite s’informer est pour les spécialistes une question piège. Eliminons les problèmes de nature économique qui peuvent accélérer ou ralentir la sortie d’un produit. Limitons-nous à l’aspect scientifique.

Pour tenter de répondre à la question, prenons un exemple. On a la capacité dès aujourd’hui de mettre un humanoïde à un carrefour pour surveiller les feux de circulation et faire les gestes et les pas adéquats afin de réguler le trafic automobile. Il suffit d’analyser le travail demandé pour se rendre compte que tous les ingrédients pour comprendre le trafic et les feux et se mouvoir dans un espace restreint sont maîtrisés. Mais un tel robot ne représente pas encore un avantage économique. Par ailleurs en cas d’accident, un conducteur ne manquera pas d’attribuer au robot la faute. Mais qui endossera la responsabilité ? La législation n’a pas encore pris bien en mains ce type de problème. En partant de ces deux exemples, on pourrait dire que les robots humanoïdes pourraient faire une percée demain matin…

En réalité la prudence s’impose, car, pour produire un humanoïde vraiment utile et accepté il faut faire sauter un certain nombre de verrous situés dans les problèmes précédemment évoqués. Les chercheurs croient toujours qu’ils sont sur le point d’y arriver. Cette croyance est chaque jour plus crédible sans qu’on ait encore franchi le seuil fatidique. C’est un peu comme dans le désert où le mirage de la nappe d’eau recule au fur et à mesure que l’on avance…

Mais par ailleurs deux faits réels sont à prendre en compte : d’une part la recherche et l’intérêt pour les humanoïdes s’avèrent croissants. D’autre part, l’ambition affichée n’est absolument pas de faire un homme artificiel dans toute sa plénitude physique et intellectuelle. L’ambition n’est qu’une imitation d’une certaine compétence physique et mentale de l’homme, suffisante pour rendre de vrais services du quotidien et du professionnel. L’humanoïde n’est pas fait pour remplacer l’homme mais pour l’assister.

Ainsi, on peut penser qu’on est bien "sur le point" d’assister à une invasion d’humanoïdes, mais le "sur le point" peut aller d’un lustre à quatre ou cinq. On sera de toute façon surpris quand cela arrivera le jour où on ne les attendait plus.

 

La robotique du futur en dehors de la réalisation d’humanoïdes

  • Les essaims de robots : Dans la nature on constate que des groupes d’animaux, particulièrement les insectes, transforment intelligemment leur environnement (dans le but de survivre par la reproduction et individuellement) alors qu’ils n’ont comme cerveau que quelques cellules incapables de produire la moindre réflexion. En fait leur comportement inné est un comportement de groupe guidé de manière réflexe par les interactions entre individus et les interactions avec l’environnement. L’essaim fonctionne à peu près comme un énorme automate adaptatif. Les chercheurs essaient de comprendre ces systèmes et construisent des équipes d’" animas " pour en percer les mystères qui, bien décryptés pourraient être fort utiles à la conduite  d’équipes de robots, évolués ou non, s’unissant pour atteindre un objectif non réalisable par un seul individu.
  • La microrobotique: Des besoins apparaissent aussi de robots très petits capables par exemple d’être introduits sans dommage dans un corps humain et de se diriger dans le réseau sanguin pour apporter tel médicament ou faire telle petite action sans recourir à la chirurgie. Ces microrobots peuvent être aussi intéressants dans les machines informatiques où ils pourraient aller mettre en place de minuscules organes de rechange ou modifier à bon escient les circuits électroniques. Un microrobot peut se fabriquer comme un circuit intégré en taillant dans la masse un rotor et un stator de moteur, et tous les organes y compris l’outil de manipulation nécessaire à la constitution d’un robot. C’est un domaine qui a pris corps au fur et à mesure de la maîtrise des circuits intégrés et qui est très actif sans qu’on sache bien, là encore, quand la maîtrise du sujet pourra conduire à des produits industriels.

    Conclusion :

    De même que l’on parle pour les temps préhistoriques de l’âge de la pierre, de l’âge du fer, on dit souvent aujourd’hui que nous sommes dans l’âge ou dans l’ère de l’informatique. Je pense qu’on devrait plutôt dire dans l’âge de l’automatisation, car l’informatique n’est qu’un moyen d’automatisation de tâches mentales. Le robot est un moyen d’automatisation de tâches physiques qui, pour y arriver, est obligé de réaliser des tâches mentales.

    Cette ère de l’automatisation n’a pas dit son dernier mot, c’est évident. Mais elle change de nature. Par exemple, il y a un demi-siècle, la discipline "automatique" était en émergence et l’automatisation était vue comme la mise en œuvre de processus sans intervention humaine (dans les années 1970 on parlait beaucoup des usines sans homme). Aujourd’hui on a compris que l’automatisation souhaitable englobait pour une bonne part le problème des relations et interactions de l’homme avec des machines ce qui constitue un renversement de tendance et l’émergence d’une problématique nouvelle, bien apparent en ce qui concerne la conception moderne de robots évolués.

    En déroulant la courte histoire de l’automatisation, on prend conscience que les robots sont une étape, et que nous allons impérativement passer par le stade des humanoïdes.

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